L’empreinte d’un passé prestigieux

Né en 1942, le Ring Ajaccien a connu son heure de gloire jusqu’en 1990 sous l’impulsion de Jo Tarrassenko et, bien sûr, Antoine Filippi, instructeur renommé et figure illustre de la boxe insulaire. On lui doit, notamment, l’éclosion des frères Chiocca ou celle d’Armand Vannucci, pour ne citer qu’eux. Aujourd’hui, deux décennies se sont écoulées et le travail se poursuit, sous l’égide de Roland Batistini, véritable cheville ouvrière et mémoire vivante du Ring Ajaccien. Et quand bien même, sur le plan national et international, le Noble Art n’a plus, pour de multiples raisons, son aura de jadis, Roland Batistini, encadré par son équipe d’éducateurs chevronnés, s’efforce d’entretenir une flamme vielle de 70 ans. Et il se murmure, du côté du Rossini, où le club a pris ses quartiers, qu’elle n’est pas prête de s’éteindre…

Nous sommes à l’entrée du gymnase Pascal Rossini, à Ajaccio. Tout de suite sur sa gauche, le visiteur emprunte un long couloir qui débouche sur une grande porte jaunâtre. Elle donne sur la salle d’entraînement du Ring Ajaccien. Dès l’entrée, le temps semble s’effacer. Le petit couloir qui conduit au ring est parsemé de centaines de photos, couleurs, ou plus souvent noir en blanc, et coupures de journaux. Ici, rien n’est comme ailleurs et l’empreinte du passé est encore là. Un passé prestigieux qui remonte à la naissance du club, en 1942. Sauveur et Félix Chiocca, Armand Vannucci, Antoine Filippi « l’âme du Ring », Jo Tarrasenko formateur lui aussi, sans oublier les autres, Antoine Biggi, Lucien Tolla ou Jean-Jean Vero. Ils sont tous là, pros ou amateurs et ont écrit, chacun à son niveau, les belles pages de l’histoire du Ring Ajaccien. Pour preuve, chacun des licenciés actuels connaît leurs exploits sur le bout des doigts. L’atmosphère de cette période légendaire reste palpable. À travers, par exemple, l’affiche du mythique Vannucci-Robinson (1963). Le Ring, c’est aussi l’organisation d’un somptueux championnat du monde « lourds » Coggi-Ramirez en 1990.

Roland Batistini, mémoire du club

Mais il est un homme qui accompli, à merveille, ce rôle de témoin et qui favorise la transmission de cette flamme d’une génération à l’autre: Roland Batistini. À soixante-dix ans, sa passion est la même que lors de son premier combat, en …décembre 1957. « Quand tu as goûté à ce sport, s’exclame t-il, tu ne peux plus t’en passer. » Si ses mimiques ou ses macagna en font un personnage truculent, il n’en demeure pas moins un excellent formateur ayant connu, du « Napoléon » aux « trois Mairies » en passant par « Le Rex », « Le Printemps » et « Saint Jean », les différentes salles du Ring depuis ses débuts. « Le club compte, aujourd’hui soixante licenciés, rajoute t-il, ils sont répartis entre l’école de boxe (9-12 ans), minimes, cadets, juniors et séniors. On peut pratiquer la boxe éducative, avec les plus jeunes, la boxe amateur ou loisir avec les plus anciens. »

Former des boxeurs et entretenir la flamme

L’entraîneur du Ring Ajaccien est assisté, dans sa tâche, par Henry Mercury, Jean Do Binda, Jean François Maroselli et Pierre Do Ramaccioti. « Avec les plus jeunes, nous travaillons de manière ludique autour de la protection, du positionnement et des attaques dans le vide (shadow). Pour les autres, les entraînements se répartissent en culture physique, shadow, leçon de boxe, sac, travail au sol et saut à la corde. Enfin, ceux qui montent sur le ring s’échauffent avant et après. » Les entraînements se déroulent dans la salle du club, au Rossini, du lundi au vendredi de 17h30 à 19h30 et à partir de 19h pour les « loisirs ». Quant à l’objectif, former des boxeurs, reprend sempiternellement Roland Batistini, il est vrai que ce sport est en régression d’une manière générale; c’est le social qui nous tient. Un boxeur qui vient ici devient ton fils. L’avenir, c’est toute cette jeunesse.» Il est bien connu que la boxe est l’école de la vie et Roland Batistini se plaît à le rappeler à chacune de ses nouvelles « recrues ». Avec lui, sans omettre Jo Tarrassenko, l’âme du Ring Ajaccien n’est pas prête de s’éteindre.

Déjà champion de Provence le 19 février dernier, le jeune pensionnaire du Ring Ajaccien a remis ça le 26 mars dernier. À Bourg Saint-Andéol (Ardèche), il a remporté les championnats inter régionaux face au champion du Dauphiné-Savoie. Une victoire qui lui ouvre les portes des phases finales du championnat de France, le week-end prochain à La Pommeraye (Maine et Loire).

« La valeur n’attend point le nombre des années ». Ces mots célèbres empruntés à Corneille peuvent s’appliquer à Paul Salini, jeune boxeur dont nous avions déjà eu, dans nos colonnes, l’occasion de vanter les mérites. L’Ajaccien, pensionnaire du Ring Ajaccien, club cher au regretté président Charles Colonna, avait, on se souvient, raflé le titre de champion de Provence, le 19 février dernier, à Salon-de-Provence. « Il avait surclassé son adversaire », affirme Henri Mercuri, l’un des entraîneurs avec Jean François Maroselli, « et s’était imposé 36-20, ce qui est énorme. Nous fondions logiquement de sérieux espoirs à l’occasion des championnats inter régions. »

Une victoire logique

Le boxeur ajaccien ne devait pas rater cette dernière étape afin de pouvoir se frotter au « gratin » de sa catégorie (cadets, poids coq), le week-end prochain à l’occasion des phases finales. Malgré son manque d’expérience, Paul Salini n’a pas fait de détail face à son homologue vainqueur du comité Dauphiné-Savoie, en remportant les trois rounds. « Il s’est largement imposé, » rajoute Henri Mercuri, « ses accélérations, sa vitesse d’exécution et sa technique ont fait la différence. Il a, en outre fini très fort. On savait qu’il avait les moyens de l’emporter et on restait optimistes. Cela fait plus de dix ans que nous n’avions pas eu de champion inter région. C’est une belle victoire qui va rejaillir sur l’ensemble du club. » De son côté, le jeune boxeur est, lui aussi, satisfait de sa prestation. « Je suis très content, » affirme t-il, « c’était un match très difficile, beaucoup plus que la rencontre précédente mais je ne m’en suis pas trop mal sorti. Je suis arrivé avec une très grosse motivation. » La délégation insulaire (Henri Mercuri et Jean-François Maroselli, les deux coachs, ainsi que Pierre Cuttoli, son partenaire de club, camarade de classe et ami) ont réintégré la cité impériale. L’Ajaccien n’a guère eu le temps, ni de pavoiser, ni de savourer cette couronne, la prochaine échéance-et non des moindres- se profile d’ici une semaine.

Les moyens d’aller au bout

Les championnats de France vont se dérouler à La Pommeraye (Maine et Loire) sur deux jours (1/2 et finale). « Paul a les moyens d’aller au bout, » soutiennent ses entraîneurs, « il en a les capacités techniques et mentales. Il doit, néanmoins, gérer son désir de vouloir tout faire en même temps. » Allusion faite à une sortie scolaire de quatre jours prévue peu avant la phase finale. « La préparation aux championnats de France nécessite un temps de récupération important. Il doit se placer dans les meilleures conditions pour réussir une performance dont on le croit tous capable. » Serein, l’ado continue à travailler sur le ring du club. « Je ne mets pas de pression mais il est vrai que plus on monte, plus cela devient difficile. Je travaille dans cette optique et j’y vais pour gagner. » Gageons que tout le Ring Ajaccien sera derrière lui, le week-end prochain. Quant à Paul, il pourrait, lui, entrer dans l’histoire et commencer à se façonner un bien beau palmarès. Mais nous aurons certainement l’occasion d’en reparler.

Philippe Peraut

Le ring ajaccien récompensé
Les cadets du ring ajaccien, Pierre Cuttoli et Paul Salini, ont brillé dernièrement au championnat de Provence. DR.
Le Ring ajaccien a décidé de miser sur la formation. Le club du président Colonna et de Roland Battistini insiste depuis de nombreuses années dans cette voie. D’ailleurs, l’école de boxe, créée et animée depuis 2004 par Henri Mercuri, Pierre-Do Ramacciotti et Jean-François Maroselli propose une prise en charge en boxe éducative formation préalable à la boxe amateur. Et cette année, deux jeunes boxeurs issus de ses rangs viennent de briller aux championnats de Provence cadets.

Pierre Cuttoli, finaliste en moins de 60 kg et Paul Salini, champion de Provence en moins de 54 kg. Les phases finales se sont déroulées à Salon-de-Provence il y a quinze jours. Paul Salini s’est imposé très largement aux points 36 à 20. Quant à Pierre Cuttoli, il a dû s’incliner aux points, 9 à 6, lorsque l’arbitre a décidé de stopper le combat, au deuxième round, en raison d’un saignement du nez du jeune Ajaccien.

Evidemment, la déception était grande pour ses entraîneurs. « Pierre n’a pas pu montrer toutes ses qualités lors de cette finale. C’est vraiment dommage, regrettait Henri Mercuri. Nous espérions aussi beaucoup de Jean-Jacques Simeoni, mais une blessure trois semaines avant le début de la compétition l’a empêché de défendre les couleurs du club ». Ces résultats confortent cependant les dirigeants du « Ring » dans leur volonté de formation.

SPORT BOXE
Graines de champions!

Paul Salini et Pierre Cuttoli, 14 ans et demi tous les deux, se sont illustrés lors des derniers championnats de Provence, le 19 février dernier, à Salon-de-Provence. Le premier a remporté le titre dans sa catégorie et s’est ouvert les portes de l’interrégionale. Quant au second, s’il s’est incliné en finale par arrêt de l’arbitre au deuxième round, il est loin d’être découragé et a promis de remettre ça. Tous deux purs produits du Ring Ajaccien, ils constituent l’avenir du club. Un avenir que l’on dit prometteur…

Même si le football se taille la part du lion chez les ados, il en est qui s’orientent, fort heureusement, vers d’autres sports, notamment le Noble Art. C’est le cas de Paul Salini et Pierre Cuttoli, deux membres du Ring Ajaccien.

Paul Salini, d’évidentes qualités

À 14 ans et demi, Paul Salini a, malgré son jeune âge et son allure frêle, tout d’un grand. Sur le ring, sa clairvoyance et son élégance font l’admiration. Juste retour des choses lorsque l’on revient de Salon-de-Provence auréolé d’un titre de champion de Provence. Rien de prédestinait, pourtant, l’ado à mettre les gants. « J’ai débuté à six ans, précise l’intéressé, j’en avais marre de prendre des coups, alors j’ai suivi mon cousin Thomas qui faisait de la boxe et je suis venu au Ring Ajaccien. » Venu, dans un premier temps, apprendre à se défendre, Paul va rapidement découvrir un sport à part entière avec ce cela implique comme contraintes. « Ce sport m’a plu et j’ai voulu apprendre et me perfectionner. Je travaille, donc, depuis près de huit ans. » Un travail qui n’a pas tardé à porter ses fruits puisque le jeune homme a remporté le titre de champion de Provence (pré-combat) le 19 février dernier. « Cette victoire, c’est une grande fierté, sourit-il, j’ai eu la pression car nous avions un Brevet blanc au collège Fesch, la veille. Mais ça va, je ne m’en suis pas trop mal sorti. » L’avenir? « Il est encore tôt pour l’évoquer, assure Roland Batistini, mais c’est un garçon pétri de qualités. »

Pierre Cuttoli, un mental de gagneur

Son compère, Pierre Cuttoli, est également son pote dans la vie. Mais à l’inverse de Paul, il a débuté plus tard sur le ring. « J’ai commencé par la boxe thaï, raconte t-il, c’était pour me défouler à 9 ans. Puis, par hasard, j’ai découvert qu’il y avait un club de boxe anglaise. Je suis venu ici et tout s’est enchaîné. » Pierre a effectué son premier entraînement, « J’ai pris les coups, se souvient-il, mais j’ai trouvé ce sport passionnant et j’ai eu envie de continuer. » Lui aussi n’a guère tardé à faire son chemin sous l’impulsion de ses coachs. Il s’est présenté aux championnats de Provence le mois dernier. Malgré une volonté évidente, il a dû s’incliner en finale sur décision de l’arbitre (saignements du nez) après le deuxième round. « Je suis forcément déçu par cette défaite, reprend-il, mais loin d’être découragé. Mon adversaire était à ma portée. Je vais continuer à travailler et progresser. » Costaud mentalement et, lui aussi, pétri de qualités, Pierre Cuttoli devrait faire parler de lui. « Nous avons deux boxeurs de qualités, soutient Roland Batistini, ils constituent l’avenir du ring ajaccien. Notre devise, c’est la garde avant tout. Tant qu’un boxeur n’est pas prêt à ce niveau, il ne combat pas. Ils étaient prêts et l’on démontré. » Deux purs produits de la boxe ajaccienne …

Aujourd’hui plusieurs boxeurs ont fait leur preuve sur le ring : Anthony Sassone, Pierre louis Giorgi, Petru Agert, Anthony Sanna, titou Antonetti , Martial Tchoukourian et Luca Pinelli.

 

 

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